Interview Josselin Masset, président de la FNEA 2022-2023
Créée en 2013, la FNEA a pour objectif de porter la voix des étudiants dans les discussions de la profession d’audioprothésiste. En 10 ans, l’association a connu neuf présidents : Jordan Claude, Cassandre Marzin qui a réalisé deux mandats, Roxane Filippi, Thibault Derre, Tanguy Delmas, Florian Fourtet, Dylan Giran, Ikram Yahyaoui et Josselin Masset.
Vous avez toujours voulu devenir audioprothésiste ?
Josselin Masset : J’ai toujours voulu avoir un lien avec la santé. Après un Bac S option SVT, voulant associer l’aspect relationnel et manuel, j’ai identifié dans un premier temps le métier de kinésithérapeute. Pour cela, j’ai tenté une première année de médecine, mais j’ai dû me réorienter faute de la réussir, scénario que je n’avais absolument pas prévu. J’ai intégré, par défaut, une première année de licence de sciences, mais le champ des possibles me semblait à la fois trop large et trop vague.
Sur les conseils de mon père qui travaille sur l’apnée du sommeil et est en relation avec des ORL, j’ai découvert la profession d’audioprothésiste, qui correspond bien à un métier de professionnel de santé mêlant le relationnel et le manuel avec un côté technique. À cette époque, il fallait passer le concours et on avait le droit à trois tentatives. J’ai tout de suite tenté l’école de Bordeaux, sans préparation, pour découvrir le concours et ses attentes, puis je me suis inscrit en prépa d’audioprothèse. Malheureusement, le concours était supprimé l’année suivante et l’admission se faisait par Parcoursup. J’étais très motivé, mais mon dossier ne parlait pas pour moi. J’ai soumis mon dossier dans toutes les écoles et j’ai pu intégrer Lyon à la rentrée 2019-2020. Je serais diplômé cette année et je prendrais mon premier poste avec Audition Conseil dans le Sud-Est.
Quels sont vos projets ?
Je veux avant tout gagner en expérience. Même si nous avons la chance, en France, d’accéder à une très bonne formation, une fois diplômés, il nous reste beaucoup à apprendre. Pendant mes études, j’ai été fortement attiré par le réglage des implants cochléaires. Si l’occasion se présente, j’aimerais me spécialiser. À terme, quand j’aurais plus d’expérience, j’aimerais m’associer ou ouvrir en direct mon propre labo.
Ce qui me plaît le plus, c’est la satisfaction d’avoir aidé les patients qui sentent une vraie différence une fois appareillés, surtout sur les problèmes complexes et les patients pris dans une spirale négative. C’est vraiment galvanisant.
Pourquoi être devenu président de la FNEA ?
J’ai commencé par être élu à la présidence de l’école de Lyon (AGEAL) quand j’étais étudiant en deuxième année. J’étais admiratif du travail de l’association et de ce qu’elle pouvait apporter aux étudiants. C’est pourquoi j’ai souhaité m’investir dans celle-ci. Ce premier mandat m’a apporté beaucoup d’expérience, il était très formateur. En fin d’année, après de nombreux échanges avec Ikram Yahyaoui, alors Présidente de la FNEA, et Nathan Sarkis de l’école de Cahors, qui est mon vice-président, je me suis présenté à la présidence de la FNEA, car j’avais à cœur de faire encore davantage pour les étudiants.
Quels ont été vos plus gros chantiers ?
Tout d’abord, j’ai jugé très important de former les étudiants à vie associative. L’école de Lyon est située sur un énorme campus avec beaucoup d’autres facs et écoles. On se fréquente beaucoup. Je trouve essentiel que les étudiants en audioprothèse puissent faire entendre leur voix. Il est important d’expliquer comment s’impliquer, comment aider la filière. Il est aussi important de rappeler les valeurs de notre future profession, de prôner le bien du patient avant tout et de mettre en avant que nous sommes professionnels de santé avant d’être des commerçants.
Je me suis également beaucoup impliqué dans le travail de réingénierie du diplôme sur lequel toute l’équipe de la FNEA a beaucoup travaillé. Il nous semblait évident que les étudiants, directement concernés, puissent donner leur avis. Nous avons donc mis en place un sondage auprès des étudiants et des jeunes diplômés pour lequel nous avons récolté environ 300 réponses. Il en ressort principalement une volonté d’uniformisation de la formation, sur le fond et sur la forme, pour que le programme soit le même pour toutes les écoles. Nous souhaitons accéder au grade de licence, à travers une augmentation des enseignements directement utiles à la pratique actuelle de l’audioprothèse. Les étudiants demandent également à être davantage formés sur les réglages, les embouts ou encore sur la prise en charge psychologique et administrative des patients. Ils souhaitent aussi plus de travaux pratiques et d’études de cas.
Par ailleurs, en tant que Président de la FNEA, j’ai pu également transmettre notre avis, favorable, à la mise en place d’un ordre, ce qui permettrait un meilleur encadrement des pratiques et de la publicité.
Que vous a apporté personnellement votre engagement à la FNEA ?
Cela m’a apporté beaucoup de maturité, au sens général : aussi bien dans la gestion d’équipes, l’organisation professionnelle, la communication vers les équipes et l’extérieur, le relationnel avec les professionnels, etc. S’engager dans une association étudiante permet d’avoir un petit avant-goût de la vie professionnelle.
Je vais encore rester impliqué au moins pour l’année prochaine au Comité de veille de la FNEA pour aider le futur bureau à la prise de décisions et l’aiguiller grâce à l’expérience acquise cette année.
J’aimerais, quand j’aurais plus d’expérience et de vécu, continuer à m’engager dans les associations qui soutiennent notre profession.
Avez-vous des craintes ou des espoirs pour les futures générations d’étudiants ?
J’observe qu’avec la suppression du concours, les étudiants sont de plus en plus jeunes, ils ont moins de maturité, moins d’autonomie. J’espère que le niveau, très reconnu, de la formation de toutes les écoles françaises va perdurer. J’espère que la réingénierie permettra d’améliorer encore le niveau des futurs diplômés.