Enquête JNA : les nuisances sonores impactent les Français à tout âge !

À l’occasion de la 19e édition de la Journée nationale de l’audition, l’association JNA a dévoilé les résultats de sa dernière enquête sur l’impact des nuisances sonores sur la santé, et en particulier auditive. Si le bruit a des effets directs sur la santé pour 94 % des Français, la majorité d’entre eux ne prend pas les mesures adéquates pour s’en protéger. Retour sur les résultats de cette enquête avec Jean Stanko, président de la JNA, qui en appelle aux audioprothésistes pour accentuer la prévention auprès du public.

Publié le 10 mars 2016

Enquête JNA : les nuisances sonores impactent les Français à tout âge !

Chaque année, la JNA prend le pouls de la société en matière de « santé auditive », un concept qu’elle a créé il y a trois ans déjà. À travers divers thèmes qu’elle aborde dans chacune de ses enquêtes, la JNA apporte des informations sur les habitudes auditives des jeunes et des moins jeunes. Pour cette 19e édition, l’association fait le point sur les nuisances sonores. Les données de la dernière enquête réalisée par l’Ifop ont été recueillies auprès d’un échantillon représentatif de la population française, constitué de 1 003 personnes âgées de 15 ans et plus.

Trois nouveaux spots de prévention

« Mes oreilles, j’y tiens. J’en prends soin ! » Voici le message que veut faire passer l’association JNA à travers les trois spots vidéo qu’elle vient de dévoiler au public.

Ces trois vidéos ciblent trois publics :

  • les jeunes exposés quotidiennement à des niveaux sonores excessifs via leur smartphone et leur casque vissé sur leurs oreilles à longueur de journée ;
  • les actifs sur leur lieu de travail exposées à des bruits intenses sans aucune protection sur leurs oreilles;
  • les seniors pour qu’ils prennent soin de leurs oreilles durant leurs loisirs…

Il en ressort que le bruit représente un enjeu de société pour près de 9 personnes sur 10 (89 %), avec des effets directs sur la santé pour 94 % des Français. Précisément, 93 % des personnes interrogées sont exposées chaque jour à un bruit excessif, quelle que soit sa durée. Nuit et jour (et en particulier la nuit pour 41 % des 18/24 ans), le bruit impacte tout le monde. « Cette dernière enquête montre que les gens se plaignent du bruit, énonce Jean Stanko, président de la JNA. Il y a donc une conscience que le bruit dérange. Et cela dans beaucoup de circonstances. »
Les nuisances sonores sont présentes en de nombreux lieux : un Français sur deux subirait des agressions sonores au travail ou dans les transports (en particulier les jeunes, chez qui 56 % des 15/17 ans et 57 % des 25/34 ans se sentent agressés par le bruit dans les transports). Et ce, quelle que soit la catégorie socioprofessionnelle des personnes interrogées : si 91 % des ouvriers sont extrêmement impactés par le bruit sur leur lieu de travail, 6 à 8 actifs sur 10 se disent gênés par le bruit alors qu’ils travaillent en bureau ou en open space. Enfin, 47 % des Français sont gênés dans les magasins et 40 % des écoliers se sentent agressés par le bruit… Et cette exposition sonore quotidienne empire avec les années : 2 Français sur 3 se disent plus exposés qu’avant par le bruit.

Le bruit gêne… mais les Français ne se protègent pas

Mais si le bruit gêne une majorité de Français, son impact est sous-estimé et peu de personnes mettent en place des moyens de s’en protéger, en particulier les jeunes. « D’après les récentes enquêtes, et pas seulement celles effectuées par la JNA, rapporte Jean Stanko, les jeunes savent que le bruit nuit à leurs oreilles, mais ils ne font rien pour l’éviter. La protection auditive passe en second plan. Tant qu’ils continuent à entendre, ils ne changent pas leurs comportements, regrette l’ancien audioprothésiste. Pourtant, le bruit a de graves conséquences sur le long terme. »

Les résultats de l’enquête montrent que moins de 1 Français sur 2 a conscience que le bruit peut générer une surdité définitive (45 % d’entre eux et seulement 9 % des 15/24 ans) ou des acouphènes (42 %). Et 7 jeunes sur 10 ne pensent pas que le bruit peut conduire à une surdité définitive. À un âge sensible, empreint d’émotions, les jeunes âgés de 15 à 17 ans vivent une relation particulière au bruit. 38 % d’entre eux estiment que le bruit « rend euphorique », quand la moyenne de tous les âges s’élève à 11 %. Pire, 1 jeune âgé de 15 à 17 ans sur 3 pense que l’exposition à des volumes sonores élevés éduque leurs oreilles en leur permettant de s’habituer. « Nous nous sommes aperçus que la mise en place de mesures pour diminuer l’agression sonore, par exemple en boîte de nuit, où l’on diminue la musique ou l’on distribue des bouchons d’oreille, ne satisfait pas les jeunes, explique le président de la JNA. Le meilleur moyen reste la mise à disposition de zones de repos, mais surtout, il faut communiquer sur les dangers du bruit et accentuer la prévention. » Un rôle majeur pour les audioprothésistes, selon Jean Stanko.

Accentuer la prévention, un devoir des audioprothésistes

« À l’heure où le métier d’audioprothésiste est décrié par certains, il est important de réaffirmer son importance, de communiquer sur son utilité auprès de la société, martèle Jean Stanko. L’audioprothésiste a tout son rôle à jouer en matière de prévention, pour éduquer et rééduquer les gens aux bonnes pratiques pour préserver son audition. Le métier ne consiste pas uniquement à vendre des appareils auditifs. » Une responsabilité qui serait aussi un devoir des médecins généralistes, pas assez formés aux questions relatives aux troubles de l’audition, selon le président de l’association. « La prévention doit se faire auprès de tous, à tous les âges, y compris dans les écoles », ajoute Jean Stanko. Selon l’enquête, 74 % des écoliers éprouveraient des difficultés à suivre les cours à cause du bruit ambiant… Dans les cafés, bars et restaurants, 92 % des personnes n’arrivent pas à suivre les conversations !

© JNA

Bien que le changement des comportements en matière de bruit et de santé auditive soit un processus lent, à soutenir sur le long terme, les Français ont conscience de l’impact des nuisances sur leur capital auditif. « Les messages commencent à passer, mais nous devons continuer à renforcer la prévention, insiste le président de la JNA. Les pouvoirs publics doivent se rendent compte de l’impact du bruit sur la santé. La santé auditive ne se résume pas au prix des aides auditives. Il s’agit d’un enjeu de santé dans sa globalité, à tous âges. » Et les Français abondent dans ce sens : 89 % d’entre eux estiment qu’une meilleure gestion des nuisances sonores par les pouvoirs publics permettrait d’améliorer la qualité de vie, de bénéficier d’une meilleure santé (pour 85 % d’entre eux) et d’éviter une augmentation des risques de surdité (83 %).

FB